Qui sont les vandales?

Posted: February 7, 2013 in Uncategorized

Le 5 Décembre dernier, Denise Lanouette (vice-rectrice intérimaire aux ressources humaines) déposait une proposition de changement à la politique de prévention, de sécurité et de mesure d’urgence de l’UQAM pour le C.A. du 11 Décembre. Ce projet impliquait la mise sur pied d’un comité de discipline comportementale ayant pour tâche d’intervenir sur les étudiant-e-s ayant des comportements « dysfonctionnels ». L’adoption de cette proposition a finalement été reportée. Par ailleurs, uun comité de discipline exceptionnel avait déjà été mis en place à l’UQAM lors de la grève étudiante de 2008, entraînant la suspension de trois étudiant-e-s en raison de leur participation à une manifestation. Notons que ces trois personnes étaient membres de l’exécutif d’associations étudiantes et l’une d’elles était à l’extérieur de Montréal au moment des faits allégués.

Nous condamnons la mise en place d’un tribunal administratif et politique au sein de l’UQAM, soumis à l’arbitraire du rectorat et du service de prévention et de sécurité (SPS), menaçant les libertés des étudiant-e-s de l’université.

Le 19 Décembre dernier, sans préavis ni consultation de la communauté universitaire, la direction de l’UQAM a fait ériger des murs, barricadant alors l’accès à une dizaine de locaux d’associations et de groupes estudiantins, ainsi qu’au Café Aquin, privant ainsi de revenus ses employé-e-s pendant plus d’un mois. Pour justifier la violence d’un tel acte, la direction de l’UQAM mobilise les arguments sécuritaires et sanitaires. Il s’agissait d’une part de repeindre les murs du 2ème étage du pavillon Aquin, en d’autres termes, de détériorer les fresques réalisées par des étudiant-e-s lors d’une opération de remise en état de leur locaux réalisée les 21 et 22 Novembre derniers. D’autre part, l’objectif était d’installer de nouveaux outils d’intimidation: des caméras de vidéosurveillance, allant ainsi à l’encontre de la préservation du « climat de respect » nécessaire à l’épanouissement des activités estudiantines.

Nous condamnons les actes de vandalisme et d’intimidation perpétrés par la direction de l’UQAM.

Le 24 Janvier dernier, le SPS tentait d’instaurer un climat de terreur à l’UQAM en diffusant une vidéo nommée « Comment réagir en présence d’un individu armé? ». Notons que le seul « tireur-fou » que l’UQAM aie connu n’était autre qu’un policier du SPVM, qui abattit Mario Hamel et Patrick Limoges en Juin 2011. En parallèle à cela, Alain Gingras (directeur du SPS) affirmait dans le cadre d’une entrevue avec La presse que l’apparition de caméras de vidéo-surveillance originait de trois alertes à la bombe, dont la dernière en date était qualifiée de « pétard mouillé », tel que le titrait Le devoir le lendemain des évènements[1]. Cette propagande sécuritaire invite les étudiant-e-s à la surveillance mutuelle, elle crée un sentiment de méfiance des un-e-s à l’égard des autres et permet de légitimer le recours à des dispositifs sécuritaires par la menace fantasmée d’un ennemi extérieur (l’individu armé). Ces dispositifs, nous le savons, sont utilisés dans les faits à des fins de contrôle des espaces et des individus qui l’occupent.

Nous condamnons alors cette tentative de dégradation de notre environnement de travail effectuée par la direction de l’UQAM. Afin de rétablir le climat de perturbation propice à nos activités, nous vous proposons notamment de visionner la vidéo intitulée « Comment réagir face au délire sécuritaire? »…

Le 31 Janvier dernier, c’est dans le silence le plus total et sans concertation avec la communauté universitaire que la direction de l’UQAM a récidivé en réinstallant des caméras de surveillance au deuxième étage du pavillon Aquin, alors que trois de ces dernières avaient été soigneusement ôtées la veille lors d’une manifestation interne. La direction a justifié ses agissements intolérables dans un courriel en date du 2 Février nous mentionnant notamment « l’obligation de préserver les biens dont nous sommes responsables ». Les actes de détérioration délibérées commis par la direction visent en fait à nous exproprier de ces espaces qui sont les nôtres en nous imposant des usages et des comportements. Suite à cela, le SPS a fait intervenir le SPVM le 5 Février dernier au sein de l’UQAM. Quelques dizaines de minutes avant le début des portes ouvertes de l’université, deux policiers ont interpellé un étudiant membre de l’exécutif de l’AFESPED, toujours suite à la manifestation interne du 30 Janvier. L’étudiant en question a été libéré sans accusation deux heures après son arrestation.

Nous condamnons ces actes d’intimidation odieux et injustifiés et nous condamnons les méfaits perpétrés par la direction, qui nous conduisent à devoir prendre rapidement un certain nombre de mesures pour assurer la réfection des lieux. En effet, des interventions continueront d’être effectuées dans cette zone et nous comptons sur la collaboration de chacun-e pour que des actions de réappropriation de nos lieux de vie puissent se poursuivre dans le désordre et la subversion.


[1]    « Ni tireur fou, ni professeur vengeur, seulement des pétards »

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